11.06.2008
François Bayrou a-t-il encore un destin ?
Le journaliste de LCI Pierre-Luc Séguillon analyse la situation du MoDem et l'avenir de son chef de file.
C'est une erreur d'analyse que d'enterrer politiquement François Bayrou. C'est une faute, au regard de la démocratie, que de s'employer à éradiquer le MoDem du paysage politique.
Il est vrai qu'il est bien difficile d'imaginer que celui qui a rassemblé sur son nom près de 7 millions de suffrages au premier tour de la présidentielle, il y a un an, puisse encore avoir un destin tant le bénéfice qu'il tira de cette élection paraît aujourd'hui dilapidé et tant l'ancien candidat semble désormais isolé. Au gré des échéances électorales, François Bayrou a perdu la quasi-totalité de ses grands élus. La plupart l'ont quitté à l'occasion des élections législatives, préoccupés qu'ils étaient de conserver leurs sièges de député. D'autres l'ont abandonné à la veille des municipales, tel pour garder une présidence de conseil général, tel autre dans l'espoir d'obtenir un strapontin ministériel.
Le président du MoDem a sa part de responsabilité dans ce sinistre politique. Son premier faux pas fut de se départir d'une stricte neutralité entre les deux tours de l'élection présidentielle. À l'inverse, François Bayrou, trop occupé qu'il était en mars dernier à tenter la conquête de Pau, s'est montré incapable de maîtriser les alliances municipales passées par les militants du MoDem pour leur donner un minimum de cohérence. Il est certain enfin que la gouvernance autocratique du président du MoDem a découragé beaucoup de bonnes volontés.
Mais il est évident surtout que Nicolas Sarkozy n'a eu de cesse, depuis un an, qu'il n'asphyxie le MoDem, qu'il ne déstabilise les derniers soutiens de son président et élimine ce parti du champ politique. Jouant du bâton ou de la carotte selon les cas, menaçant celui-ci de lui faire perdre sa circonscription, appâtant celui-là par la promesse d'une entrée au gouvernement, pratiquant un débauchage systématique des élus de l'ancienne UDF, le chef de l'État s'est personnellement employé à isoler François Bayrou.
Cette tentative programmée de liquidation d'un courant politique qui s'est affirmé lors de la dernière présidentielle est un mauvais coup porté à la démocratie. Elle menace d'atrophier l'expression politique dans notre pays. Elle risque d'appauvrir l'offre d'alternance. Elle devrait donner à réfléchir à des centristes fraîchement ralliés et déjà condamnés à n'être que les supplétifs dociles et muets de l'UMP. Il n'est pas certain en outre qu'elle soit couronnée de succès. Elle pourrait même se retourner à terme contre ses auteurs.
François Bayrou, en effet, n'est pas dénué de sérieux atouts. En premier lieu, le personnage possède une force de caractère peu commune. Loin de l'affaiblir, l'épreuve et les difficultés paraissent fortifier plus encore sa détermination et son ambition. Par ailleurs, François Bayrou a la légitimité d'une campagne présidentielle couronnée par un score plus qu'honorable. Il peut surtout revendiquer la lucidité de celui qui, à l'inverse de ses deux compétiteurs, s'est refusé l'an passé à promettre la lune et a proposé un projet compatible avec l'état alarmant des finances publiques. François Bayrou avait prédit que les engagements inconsidérés de Nicolas Sarkozy conduiraient le pays à la catastrophe financière. Les faits lui ont malheureusement donné raison.
En outre, un bien pouvant sortir d'un mal, le MoDem, doté d'une force militante neuve, est désormais lesté de tous les notables qui stérilisaient sa capacité d'invention et d'innovation. Enfin, cette formation revendique une identité politique originale. Le MoDem se veut libéral et social. Il refuse à la fois l'État à tout faire des socialistes et la remise en cause par la droite d'un modèle social fondé sur la solidarité. Il est profondément européen et ne connaît sur le sujet ni la fracture qui traverse le PS ni les désaccords qui habitent l'UMP. Il prône un mode de scrutin qui permette à l'ensemble des composantes et sensibilités politiques d'être représentées au Parlement quand le PS et l'UMP souhaiteraient se partager à eux seuls les bancs de l'Assemblée. Il se proclame adversaire de tous les conservatismes, qu'ils soient de droite ou de gauche, mais se dit hostile au changement pour le changement et à la perte des valeurs qui font la spécificité d'une nation.
Alors que le Parti socialiste paraît impuissant à se doter d'un leader et d'un projet et que Nicolas Sarkozy semble avoir gâché, au terme de sa première année de présidence, une partie des chances qu'il avait de moderniser notre pays, François Bayrou possède un réel espace politique. Il ne valorisera toutefois ces atouts dans l'avenir qu'à plusieurs conditions.
Il lui faut d'abord changer de mode de gouvernance. Sa forte personnalité ne doit pas l'empêcher de pratiquer une direction plus collégiale de son mouvement. Il importe au contraire qu'il constitue autour de lui des équipes nouvelles pour structurer cette formation politique neuve. Il convient, en second lieu, qu'il définisse son projet de manière positive. Il ne suffit pas de dire que l'originalité du MoDem est de se vouloir libre et affranchi de toute attache à la droite « sarkozienne » comme à la gauche socialiste pour justifier son existence et lui donner une visibilité. Le parti de François Bayrou n'aura de crédibilité aux yeux de l'opinion que s'il affiche clairement l'ambition qui est la sienne, quand bien même relèverait-elle encore aujourd'hui de l'utopie : devenir à terme sur l'échiquier politique et au gré d'une élection présidentielle le grand parti démocrate moderne progressiste qui constituerait une réelle alternative à la droite républicaine. Un tel pari n'a quelque chance d'être gagné que s'il s'accompagne d'un travail d'analyse, de réflexion et de proposition intense associant militants et intellectuels. Cela suppose chez François Bayrou la volonté nouvelle d'attirer à lui et de faire travailler avec lui des hommes et des femmes ayant, chacun dans leur domaine, une pensée originale.
D'ici à 2012, le président du MoDem dispose de deux échéances électorales pour roder son jeune parti, les élections au Parlement européen en 2009 puis les élections régionales. Le mode de scrutin proportionnel des européennes peut lui être relativement favorable, d'autant que la thématique européenne elle-même lui est naturelle.
Il est une vieille loi en politique : de même que la roche Tarpéienne est proche du Capitole, de même un acteur politique peut toujours revenir au sommet aussi longtemps qu'il demeure fidèle à de fortes convictions. François Mitterrand qui, quelques mois avant sa mort, confiait son admiration pour François Bayrou, fut un exemple probant de cette capacité de rebond durant son existence politique.
www.lefigaro.fr, 09/06/2008 | Mise à jour : 09:37
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03.06.2008
Les rendez-vous Europe au mois de juin 2008
-Convention sur l'Europe du Mouvement Démocrate
Dimanche 8 juin 2008
9h30 - 14h00 à la maison de la chimie, 28 rue Saint Dominique, Paris 7ème.
-Les deuxièmes Etats généraux de l'Europe
Lyon le 21 juin 2008 au Centre des congrès. Organisés par trois associations françaises de promotion de l'Europe, Europanova, le Mouvement européen et Notre Europe.
17:45 Publié dans Politique en général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe
28.05.2008
Convention sur l'Europe le 8 juin 2008
Convention sur l'Europe
dimanche 8 juin 2008, de 9h30 à 14h00
à la maison de la chimie, 28 rue Saint Dominique, Paris 7ème, M°/RER : Invalides

09:47 Publié dans Politique en général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, bayrou
19.05.2008
Conférence-débat le 22 mai sur le fonctionnement de l'Union européenne
Avec le MOUVEMENT DEMOCRATE et l'association EUROP AGORA*
CONFERENCE-DEBAT :
LE FONCTIONNEMENT DE L'UNION EUROPEENNE
le jeudi 22 mai à 20h00
à BOURGOIN-JALLIEU
salle banalisée de Champarey
Ferhat YILMAZ, attaché d'enseignement et de recherche en Faculté de Droit de Grenoble, présentera de façon pédagogique :
- les grandes étapes de la construction européenne ;
- les différents traités ;
- le triangle institutionnel : Commission, Parlement, Conseil ;
- la prise de décision ;
- les apports du traité de Lisbonne.
Plusieurs thèmes de débat seront proposés :
- la question du déficit démocratique ;
- les apports du traité de Lisbonne ;
- bilan général de la construction européenne ;
- les enjeux de la présidence française de l'Union ;
- les élections européennes 2009.
*Europ Agora soutient la construction européenne en organisant des cours de formation sur
l'histoire de l'Europe et le fonctionnement des différentes institutions européennes, des conférences,
etc. http://www.europagora.eu
10:25 Publié dans Politique en général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : europe, conférence, bourgoin
28.03.2008
Le Modem aux élections municipales en France
Dans les villes de plus de 10.000 habitants :
( rappel: près de 32 millions de français vivent dans les villes de moins de 10.000 habitants)
1- 350 listes autonomes du Modem : score moyen de 15,9%, pointes entre 16% et 32%
2-Le MoDem a gagné 34 villes
premier tour : 15
deuxième tour : 19
3- recensement de près de 1100 élus.
Dans plus de 10 villes, le candidat Modem se maintenant au 2ème Tour a fait plus qu’au 1er Tour : Quimper, St Nazaire (+8points), Villeurbanne, Mantes la ville, Vélizy…
18:30 Publié dans Politique en général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections, municipales, résultats
17.03.2008
François Bayrou : "Il y aura d'autres batailles, il y a aura d'autres combats, et je vous le promets, il y aura d'autres victoires."
15:14 Publié dans Politique en général | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : élections, municipales, françois bayrou





