Mouvement démocrate, où vas-tu ? (N.Communod)
Mouvement démocrate :
Où vas-tu ?
(Texte de Noël Communod, Modem Savoie,
à l’attention de tous les adhérents MoDem, le 16/10/2007 )
Depuis la présidentielle et les législatives, les semaines ont passé ; d’autres échéances approchent : le Congrès du MODEM et les élections locales.
Les militants ont l’impression d’un abandon d’une ligne politique qu’ils ont massivement soutenue en adhérant aux idées mises en avant par François Bayrou.
Or, c’est le bon « calage » de notre ligne politique qui doit déterminer notre stratégie électorale et non l’inverse.
La tactique électorale pour obtenir « un maximum d’élus » ne saurait en aucun cas tenir lieu de ligne politique.
A. Pourquoi créer un mouvement démocrate en France ?
Premier constat :
François Bayrou a constaté et expérimenté la notion de Centre dans toutes ses contorsions depuis plus de 20 ans : le Centre n’est pas viable.
- d’abord parce qu’il se positionne par rapport à la droite et à la gauche
ensuite :
- le centre droit ne peut exister qu’en tant que supplétif de la droite
- le centre gauche en tant que supplétif de la gauche
Jamais, ni l’un ni l’autre ne seront majoritaires.
Second constat :
Beaucoup de démocraties modernes dans le monde sont organisées autour de deux pôles :
- Le pôle dit « conservateur » qui envisage une économie sans contraintes régulée par un Etat policier assez fort pour éviter les débordements : l’Ordre.
- Le pôle dit « démocrate » qui envisage une économie libérale (liberté d’entreprendre et loi du marché) régulée par un Etat minimum et qui s’appuie sur le pari de la responsabilité des personnes.
- Et aux extrémités, une gauche révolutionnaire ou utopique et une extrême droite, l’une et l’autre très minoritaires
L’objectif démocrate :
Créer un mouvement démocrate en France, c’est l’objectif de pouvoir être majoritaire un jour, d’être l’alternance possible et crédible au parti conservateur, comme dans beaucoup de démocraties évoluées.
Un mouvement démocrate couvrirait donc le champ des démocrates sociaux, démocrates chrétiens et sociaux-démocrates.
La philosophie d’un mouvement démocrate a été longuement déclinée par François Bayrou :
- Faire confiance à la responsabilité et à l’intelligence des citoyens pour faire vivre une vraie démocratie. (Humanisme)
- Réduire le rôle de l’Etat omniprésent, renforcé au fil des ans par l’idéologie socialiste ou la manie centralisatrice de droite. (principe de subsidiarité)
- Reconnaître plus largement l’autonomie de l’individu et des collectivités locales ou groupements que les individus constituent entre eux.
- Garantir plus largement les libertés individuelles.
Plus une société est évoluée, plus elle évolue vers un tel schéma (Etats-Unis, Australie, Japon, beaucoup de pays européens…).
Vouloir réduire le mouvement démocrate au centre droit n’aurait pas de sens et ce serait revenir aux éternels errements du centre ; ce serait se condamner à de petits, petits accords électoraux (type UPS) pour obtenir des strapontins de la droite sans jamais pouvoir espérer devenir majoritaire.
L’espoir qu’a fait naître FB auprès de tous ces nouveaux adhérents du MODEM, c’est la création d’un mouvement large, fondé sur les valeurs démocrates, qui doit devenir majoritaire un jour; il faut maintenant l’expliquer et pour cela, il faut le faire exister. Refaire des alliances avec le parti conservateur, c’est nier le mouvement démocrate.
Le mouvement démocrate ne peut exister et devenir majoritaire que s’il intègre tous ceux qui portent des valeurs humanistes, sociales et libérales (au sens de la liberté de la personne humaine, de la collectivité locale et de l’entreprise).
Cela signifie clairement qu’il n’existera vraiment que si les sociaux démocrates le rejoignent. Cela doit guider notre stratégie électorale.
B. MODEM : Quelle est notre ligne politique ?
La ligne politique sur laquelle se sont retrouvés les adhérents du MODEM et ceux de l’UDF qui ne sont pas partis à l’UMP ou au NC, c’est le « projet d’espoir » et le chemin tracé par François Bayrou. C’est sur ces idées-là que s’est construit le projet politique d’un nouveau parti : le Mouvement Démocrate.
Il faut le répéter : Créer le Mouvement Démocrate, c’est clairement vouloir devenir majoritaire un jour, face au parti conservateur et à la gauche radicale.
Sur le rôle et la place d’une troisième voie démocrate, en France, en Europe et dans le Monde, laissons FB s’exprimer : « Nous sommes une force naissante. Au début de sa vie, le baobab est plus petit qu’un fraisier. Notre société du XXI° siècle devra affronter l’intégrisme et l’inégalité croissante contre lesquelles nous devront entrer en résistance. Elle devra également choisir entre AVOIR et ETRE. »
Ce type d’horizon politique, ajouté à la charte des valeurs et d’éthique ainsi que l’ensemble des propositions pour rétablir la démocratie constituent une ligne de conduite politique.
L’objectif du Mouvement démocrate est donc de redonner vie à la démocratie de notre pays, à l’unisson des autres mouvements démocrates dans le Monde.
Il doit de ce fait, rester un parti indépendant.
C. Le débat sur le nom du MoDem
"Et nous porterons un seul nom. Et c'est un grand nom. Le Mouvement Démocrate" (F.B à Seignosse.)
François Bayrou a souhaité le nom de Mouvement démocrate, si fort de sens et de connexions internationales. A Seignosse, il a exclu l’idée de garder le nom d’UDF, trop connoté de « centrisme » avec tout ce que cela a de négatif. Il a été applaudi à tout rompre à cette proposition. Pourtant, un certain nombre d’élus UDF, non sans arrière-pensées, veulent le maintien du sigle UDF. Ils ont été hués à Seignosse.
· Soit nous devenons l'UDF-Mouvement Démocrate, alors les électeurs de gauche nous soupçonneront toujours d'être encore à droite et les électeurs de droite s'imagineront que l'UDF penche maintenant à gauche, donc ce sera un échec cuisant. De toutes façon, ce nom est pour l’instant sans base juridique, aucun statut ou association ne lui correspond.
· Soit l'UDF et le Mouvement Démocrate deviennent deux partis indépendants, donc avec beaucoup de listes indépendantes pour les municipales et là autant vous dire que non seulement nous diviserons notre électorat de base par deux, soit déjà plus grand chose, mais en plus il y aura une nette perte de confiance en l'UDF compte tenu de ces atermoiements. Ce sera également un échec cuisant pour les deux.
· Soit nous devenons le Mouvement Démocrate unitaire et nous aurons à travailler rapidement sur notre communication, en même temps que sur nos projets municipaux, pour expliquer la ligne politique du MoDem. Nous savons tous que nous avons un potentiel énorme, autant en profiter le plus rapidement.
Si l’on veut créer un véritable mouvement démocrate, destiné à devenir majoritaire, il n’y a qu’un choix possible : MoDem
D. Il n’y aura pas de Mouvement démocrate sans démocratie interne
Le mot de « Démocrate » ne doit être ni une marque, ni un slogan, ni un attrape-nigaud pour électeurs ; il est un mot à haute valeur ajoutée qui renvoie aux chartes d’éthique et des valeurs du mouvement. Il a fait naître beaucoup d’espoirs auprès de 50.000 personnes qui ont pris leur carte.
Un sondage interne auprès des adhérents Modem fait apparaître deux priorités principales :
- La démocratie interne
- Le travail de terrain
Seignosse a été l’illustration d’une forte volonté des militants qui veulent discuter, échanger, travailler à l’élaboration d’une ligne politique, celle que François Bayrou a tracée et concrétisée dans la volonté de créer un parti démocrate. Ils ne cherchent pas, pour la plupart, à être élus à tout prix ; c’est une différence essentielle avec l’UDF qui était notoirement un parti de notables.
Que veulent les adhérents du Modem ?
- Une véritable démocratie interne au Mouvement
- Etre consultés sur les projets de statuts (nationaux et locaux)
- Elire démocratiquement leurs instances nationales et locales.
- La transparence financière.
- Pouvoir voter sur les projets de stratégie électorale.
- L’organisation de primaires pour les investitures (nationales et locales)
Ils veulent aussi une organisation efficace et réaliste qui prenne en compte ces exigences démocratiques.
Une autre caractéristique de la démocratie interne doit être naturellement celle du Bottom up (du bas vers le haut), venant remplacer le Top down traditionnellement pratiqué dans les partis politiques français et notamment l’UDF. A ce titre et aux dires de ceux qui l’entourent, François Bayrou aura besoin de s’amender sur ce point.
Peut-être qu’à terme, il ne faudra plus que le MoDem se confonde avec son fondateur car une trop grande personnalisation freinera le rassemblement nécessaire de tous les démocrates.
E. L’organisation du MoDem :
La création d’un nouveau mouvement politique en France est réellement une aventure enthousiasmante. Mais il ne faut pas s’y tromper, elle va être semée d’embûches et les difficultés vont être nombreuses, surtout à l’approche des élections locales.
1. L’organisation du MoDem national :
· Le Congrès
Le Congrès de l’UDF aura lieu le Vendredi 30 novembre prochain : il devra décider de dissoudre l’UDF ou bien de la maintenir, mais en dehors du MoDem.
Le Congrès du MoDem aura lieu le samedi 1° décembre et le dimanche 2 (matin). Il devra adopter ses statuts et les deux chartes (éthique et valeurs).
Le MoDem sera donc créé quelle que soit la position prise par l’UDF.
· Des statuts démocratiques
L’une des tâches de ce congrès sera d’adopter les statuts nationaux qui conditionneront une part de nos statuts locaux. Il a été annoncé que les militants seraient consultés pour donner leur avis auparavant (il ne reste qu’un mois). Dans beaucoup de fédérations la vigilance s’éveille à ce sujet très important pour l’organisation de notre démocratie interne. Pourtant, de très nombreux militants ou groupes de travail locaux ont fait remonter des projets de statuts bien construits.
· Les difficultés et embûches :
La difficulté de notre congrès fondateur tiendra de plusieurs facteurs :
L’UDF devenue force centrifuge
Il est triste de constater que beaucoup d’élus du parti sur lequel se construit le Modem sont partis à l’UMP ou au Nouveau centre ; d’autres, qui sont restés s’apprêtent à partir à la veille des élections locales, peut-être même en emportant avec eux l’UDF et la caisse. Ceci n’est que la résultante assez logique du rôle de simple supplétifs de la droite qu’avaient ces élus qui ne peuvent être réélus sans l’appui de l’UMP. Voilà notamment pourquoi il est impératif de rompre avec cette pratique d’alliance systématique qui fait perdre toute identité.
Chacun sait que le Centre droit n’a qu’une existence fictive ; il n’aurait quasiment pas d’élus si ceux-ci ne se présentaient pas sous l’étiquette « majorité de droite ».
Elus de L'UDF
Sur le millier d'élus locaux avec l'étiquette UDF (Maires et conseillers généraux), la grande majorité (90%) a été élue avec les voix de l'UMP, c'est à dire qu'ils n'avaient pas de candidat UMP en face d'eux et se présentaient en qualité de candidats de la majorité (ou de l'opposition sous Mitterand). Se présenter en dehors de la majorité en 2008, c'est pour 90% d'entre eux être certains de l'échec (sauf quelques personnalités car l'UDF reste à 6-7% max). Au vu des législatives, l'étiquette Modem sera bien moins rentable pour eux que l'alliance avec l'UMP.
Comment pensez-vous qu'ils vont voter au congrès UDF ? Et ils y seront ! Majoritaires sans doute!
Autres élus, les sénateurs : 2/3 d'entre eux ont déjà suivi Mercier.
Les députés : ils ne sont que 4 et j'ai eu Thierry Benoît la semaine dernière au téléphone; il m'a dit que FB lui avait forcé la main pour se déclarer UDF-Modem mais qu'il allait tout faire, avec d'autres, pour que l'UDF reste indépendante et ancrée au centre droit.
Il reste les députés européens ; Marielle de Sarnez st complètement centrée sur Paris et se rapproche de l’UMP ; JM Cavada rêve aussi d’être ministre ; Morillon est encore là ?
Corinne Lepage a accepté une « mission » auprès de Jean-Louis Borloo et veut maintenir CAP 21 indépendant.
Le cercle des fidèles se réduit donc à une petite poignée.
Cohérence, cohérence !
S’il en est un qui ne peut se déjuger, c’est François Bayrou. Il nous a dit à Seignosse : « si je fais une connerie, vous me le direz ! » Ben voilà, on y est, François. Tu as fait au moins trois conneries :
· Dire que tu envisageais de briguer la mairie de Pau alors que tu es élu député. Tu as prôné pendant des mois le non-cumul des mandats, tu l’as défendu devant la commission Balladur et tu voudrais t’en affranchir ! Alors que dans le même temps, la commission Balladur semble inscrire le non-cumul dans son rapport ! Il y a tellement à faire pour construire le Modem, pourquoi retomber toi-même dans les erreurs du passé.
· Tu as créé une commission des investitures, du fait du prince, sans aucune légitimité, et au mépris des militants : pas très beau pour un mouvement démocrate. Le principe du management d’un parti « top down », c’est le passé, c’est ce dont ne veulent plus ceux qui t’ont suivi. Le fait du prince, c’est Sarkozy ! Une commission d’arbitrage, créée par les statuts du MoDem, oui.
· A Marseille, tu décides de payer un sondage de popularité pour désigner le candidat. Est-ce là le logiciel MoDem ? Est-ce un gage de démocratie que de céder à la dictature des sondages locaux ? Est-ce cela faire confiance aux adhérents ? Ce type de démocratie porte malheureusement un nom
Je n’y vois malheureusement aucune cohérence avec un parti qui veut conjuguer principes et valeurs démocratiques.
« Créer une société de confiance, faire accéder les citoyens à la décision… » C’est bien de le proclamer, c’est mieux de le faire aussi en interne.
Saura-t-on surmonter ces embûches ?
Si Mercier et les élus UDF réussissent à « ramener l’UDF au bercail », auprès du Nouveau centre, avant la fin de l’année, (comme le souhaite Nicolas Sarkozy et comme l’a annoncé Mercier dans « Le Parisien ») il ne restera de ce rêve démocrate que la volonté citoyenne de ces dizaines de milliers de militants de la démocratie, sans argent, sans locaux, sans élus.
J'invite donc tous les adhérents du Modem qui ont sincèrement cru aux idées de François Bayrou à ne pas attendre en spectateurs ou derrière leur écran de PC que les évènements se déroulent ainsi; il y a un terrain ou nous pouvons agir, c'est au niveau local, départemental et régional. Constituons le Modem hors des arguties de ceux qui veulent garder leur poste et présentons des listes Modem aux élections locales, c'est là que nous aurons un début d’existence et de crédibilité.
2. L’organisation du MoDem Savoie :
Faisons l’hypothèse que le MoDem soit bien créé le 2 décembre, dans l’union.
Avec 400 militants, le Modem Savoie ne peut plus fonctionner de façon informelle comme le faisait l’UDF avec un petit groupe qui se connaissait depuis longtemps.
Il est donc nécessaire que notre nouveau parti s’organise, de façon provisoire jusqu’au Congrès et de façon plus pérenne ensuite.
· Une période provisoire
A la demande des militants à Seignosse, FB a proposé de mettre en place dans les fédérations des structures provisoires jusqu’au congrès. Je suis ce qui se passe dans une trentaine de départements. Environ 1/4 ont mis en place de telles structures ou sont en train de le faire, 1/4 n’ont rien fait, ¼ ont des associations parallèles à la structure UDF parce que celle-ci bloque l’évolution et ¼ s’appuient sur la structure UDF en place qui joue le jeu (c’est ce que nous avons fait en Savoie jusqu’à présent).
· Des statuts et une AG des militants pour élire nos instances
Dès le lendemain du congrès fondateur du Modem, nous aurons à réunir l’assemblée générale des adhérents de Savoie pour constituer notre fédération, voter nos statuts en conformité avec les statuts du MoDem et élire nos instances locales. Ce sera un moment important.
· Un vote sur la stratégie électorale pour les municipales et cantonales de 2008
Ce n’est qu’à ce moment là que nous pourrons adopter notre stratégie électorale pour les élections de 2008 car il faudra être clair pour le 1° janvier.
· Une communication transparente avec les militants
L’organisation de notre fédération passe par une communication interne transparente. Elle passe par un blog ou un site web qui permette à chacun de se tenir informé, de réagir et de recevoir une news letter par exemple.
L’information verrouillée et les réunions en catimini sont contraires à nos chartes.
· Un recrutement de militants et sympathisants par une communication raisonnée
L’information vers l’extérieur, vers les sympathisants et pour la diffusion de nos idées et le recrutement doit aussi s’organiser rapidement.
La méthode des groupes de travail, clairement constitués, que nous avons pratiquée depuis trois mois semble la bonne et devrait être poursuivie.
D. Quelle stratégie électorale est cohérente avec notre ligne politique ?
« La seule chose non négociable, c’est qu’une fois pour toutes nous sommes indépendants. J’ai acquis la conviction au bout de trente ans de militantisme et de responsabilités dans cette famille politique qu’être dans une alliance automatique, c’est perdre son identité. Par peur électorale, pour ne pas avoir de concurrence dans nos mairies, dans nos cantons et dans nos circonscriptions, nous sommes entrés dans une mécanique mortelle. » FB à Seignosse
Au plan national, la consigne de FB est claire : un maximum de listes autonomes au 1° tour des municipales et un maximum de candidats aux cantonales. Ceci est tout à fait conforme et cohérent avec la ligne d’indépendance et d’autonomie.
Là aussi, il faut effectivement choisir entre AVOIR et ETRE ; il faut choisir entre avoir un maximum de postes en faisant alliance exclusive avec la droite et ETRE, c'est-à-dire exister par nous-mêmes (listes autonomes), quitte à avoir moins d’élus.
La pression est actuellement très forte de la part des élus en place (maires et conseillers généraux) pour renouveler les accords avec la droite. Pourquoi ? Tout simplement parce que la plupart d’entre eux (environ 90%) ont été élus sous l’étiquette « candidat de la droite », sans candidat RPR ou UMP face à eux ; Ils n’auraient sans doute pas été élus sans cela ; Ils sont ainsi les supplétifs de la majorité actuelle, condamnés à s’aligner et sans savoir qui a vraiment voté pour eux.
Quelle légitimité auraient-ils à porter l’étiquette démocrate en étant élus par le parti conservateur ! Comment peut-on signer un accord avant le premier tour, avant même d’exister !? Ce sera la première élection du MoDem.
Pour exister, une seule solution : les listes autonomes aux municipales et des candidats dans tous les cantons renouvelables.
E. MODEM Savoie : Quelle tactique politique est conforme à notre ligne politique ?
Si la ligne politique du mouvement démocrate est claire.
Si son développement est bien notre objectif.
Si son positionnement est bien de devenir une alternative du parti conservateur et de la gauche radicale.
Alors, la logique est un maximum de listes autonomes en Savoie aussi.
L’option du "maximum d'élus à tout prix", notamment par un accord "global" avec l'UMP au niveau de notre département (type UPS), se heurte de front avec l'objectif de création d'un parti démocrate, alternative du mouvement conservateur ; peut-on honnêtement affirmer cet objectif et commencer par s'allier avec lui à la première élection venue ?
De plus, les électeurs ne comprendraient pas cette démarche qui nous ramènerait à la situation antérieure ! Les électeurs MoDem (ceux de FB ou des législatives) reprendraient sans doute leur vote à gauche ou à droite et beaucoup s’abstiendraient.
Même si nous sommes 400 adhérents, nous ne trouverons peut-être pas dans nos rangs les 17 hommes et 17 femmes nécessaires pour les cantonales ou les 150 noms nécessaires pour les principales cités de Savoie ; mais peu importe, c’est en semant qu’on récoltera. Et ce n’est qu’en contactant les adhérents qu’on pourra élargir nos listes. Dire a priori qu’on n’a pas assez de candidats sans avoir seulement fait un seul appel à candidatures dans nos rangs n’est pas un argument recevable. Les listes doivent être déposées avant le 20 février 2008.
La tactique d’alliance à droite permettrait peut-être d’obtenir 2 conseillers généraux et quelques conseillers municipaux, mais ceux-ci auront au mieux les mains liées et au pire seront aux ordres de l’UMP (ou bien passeront au nouveau centre juste après l’élection). Dans le mandat précédent, qui savait, en dehors du microcosme politique, que l’UDF avait des élus dans les équipes de droite ? Quel intérêt réel sinon celui de carrières individuelles ? Quel intérêt pour le MoDem ?
Pourra-t-on laisser élire des candidats avec l’étiquette MoDem dont on sait par avance qu’ils ne défendront pas les idées de François Bayrou et qu’ils ne pourront pas critiquer les pratiques de l’UMP ? C’est pourquoi les investitures MoDem ne peuvent être données qu’après approbation par les militants afin de rendre ceux qui briguent les suffrages responsables devant ces mêmes militants.
Vouloir récupérer les voix de F.Bayrou tout en faisant alliance au premier tour avec la droite est un grand écart qui n’est pas tenable..
La tactique d’alliance à droite permettrait peut-être d’obtenir la présidence de l’agglo de Chambéry ; mais Michel Bouvard laissera-t-il faire un tel accord alors qu’il clame vouloir la tête de Patrick Mignola pour ne pas l’avoir soutenu au second tour des législatives? Faut-il renoncer à tout en Savoie pour avoir « un Modem » à la présidence de l’agglo ? Aurait-il vraiment moins de chances d’être élu si nous avions une ligne d’indépendance ? Une telle élection ne pouvant se faire sans un accord de réciprocité, faut-il renoncer à des listes autonomes partout pour cela ? Les électeurs de François Bayrou pourraient-ils comprendre une telle compromission ? Est-ce vraiment dans la ligne et l’éthique démocrate ?
Il faut se poser ce type de questions avant d’en faire un préalable à toute stratégie, même si certaines réponses ne sont pas évidentes.
Une seule certitude que clament les 40.000 nouveaux adhérents : le MoDem ne sera pas une UDF-bis, ni par ses méthodes, ni dans sa stratégie.
Voilà de quoi alimenter le débat démocratique et stratégique que les adhérents du Modem Savoie devront trancher en assemblée générale courant décembre.
Noël Communod le 20 octobre 2007.
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