Lettre ouverte aux adhérents du modem Savoie (Cédric Richard)

Lettre ouverte aux adhérents
du Mouvement Démocrate Savoie


En préambule je rappellerai ici pourquoi j’ai choisi de militer au Mouvement Démocrate. De façon prosaïque, je pourrais simplement dire que je ne me reconnais ni dans cette gauche étatiste qui depuis 1981 a développé, lorsqu’elle était au pouvoir, une politique qui a mené notre pays et nos compatriotes à la ruine. Ni dans une droite, qui ce veut championne de la gestion et qui au final ne fait pas mieux que la gauche. Mais pire que tout, qui avec les dernières élections a laissé sa famille bonapartiste prendre les rennes de notre pays. Je suis un libéral, je suis un démocrate, je suis enfin un humaniste, et toutes ces valeurs, si nous, mouvement démocrate, nous ne sommes pas capables de les défendre, alors qui le fera ?

1 / Nous appliquer nos propres idéaux

Nous nous proclamons démocrates. C’est un bien joli mot, mais il ne faudrait pas que cela ne reste qu’un mot. La démocratie, c’est accepter le débat d’idée comme préambule à toute décision. C’est accepter également que ce débat soit mené dans la transparence et devant le plus grand nombre. C’est se dire que chaque personne, chaque voix à la même valeur, et le même droit à s’exprimer. Enfin c’est accepter qu’à la suite d’un débat, il y ait un vote. Et que le résultat de ce vote soit respecté. Hors, je suis attristé de constater que pour le moment, au sein même de notre mouvement, ce principe de base est éludé, voir écarté. La démocratie ne peut être niée plus longtemps sans prendre le risque de voir notre mouvement se diviser, nos idéaux se déliter. Déjà, ce manque de démocratie, pour ne pas parler d’un déni, crée la suspicion, la méfiance dans nos rangs. Peut être est ce même l’intérêt d’un certain nombre, agissant dans l’ombre pour essayer de rétablir l’ordre ancien.

2 / Le combat ou la mort

Nous nous disons démocrate. Bien !!! Mais n’oublions jamais que la démocratie est une chose fragile qui, si on ne la défend pas, peut à tout moment disparaître. Le mouvement Démocrate doit être, en conséquence, un mouvement de combat. Le combat en politique est un défi de tous les jours et s’exacerbe au moment des élections. Les élections représentent le moment particulier dans une démocratie où un parti, un mouvement politique, a une tribune officielle pour présenter sa vision de l’avenir au pays. Etre dans une logique de ralliement à un camp en préambule d’une campagne politique, avant même d’avoir pesé le pour et le contre sur l’avenir de notre mouvement est soit une erreur stratégique fondamentale, soit une hérésie.
Notre mouvement est né de la volonté de François Bayrou de créer un grand rassemblement des démocrates en France, de créer un parti à l’image des grands partis sociaux-libéraux Européens. Si nous existons, c’est que nous refusons le choix imposé entre un bloc conservateur et un bloc socialo-marxiste dans notre pays. Moi, comme vous, je pense que nous pouvons changer la donne et faire de notre mouvement, le camp majoritaire de demain.
Si nous nous disons différents des 2 autres blocs et que nous voulons offrir un 3eme choix à nos concitoyens alors comment leur offrir ce choix en ne nous présentant pas à un 1er tour d’élection ?


3 / Refuser le piège que nous tend l’UMPS

Comme l’avait dit François Bayrou lors des élections présidentielles, PS et UMP, ont tout intérêt à ce que nous ne changions en rien de ce qui fut pendant 20 ans la stratégie de l’UDF. C'est-à-dire s’enfermer dans le camp de la droite.

L’UMP, parce que nous nous couperions directement de nos électeurs provenant de la gauche et donc ils seraient assurés, ainsi, de toujours rester devant nous au niveau électoral avec bien sûr comme corolaire, de nous emmener à toujours nous rallier à eux pour que nous puissions pouvoir espérer sauver 3 strapontins.

Le PS quant à lui pourrait ainsi garder ses électeurs récalcitrants en chantant à tue tête que nous ne sommes qu’une autre famille de la droite, ainsi il pourrait continuer à rassembler sous la même bannière nos électeurs venant de la gauche et les marxistes de la LCR sans ne jamais faire aucun aggiornamento.

Tel est l’accord tacite (et ce n’est pas le 1er, rappelez vous les : « il n’aura jamais de majorité » en parlant de François Bayrou alors que maintenant les PS se bouscule au portillon du gouvernement) que l’éternel duopole qui se partage le pouvoir depuis des lustres a passé. Tout pourrait ainsi continuer tranquillement sans que rien, ni personne, ne vienne troubler leur jeu si bien huilé.

Comme je vous l’ai dit précédemment, je suis un libéral et donc j’ai horreur des monopoles.

Alors prenons nous en main, ne soyons pas frileux et mettons un peu de concurrence sur ce marché électoral et proposons dés le 1er tour notre produit à la population afin qu’il puisse en apprécier toute la valeur ajoutée.


4 / Etre en position de représenter une alternative réelle à l’UMP (et au PS)

Faisons un peu d’analyse et de prospectives sur le futur de notre gouvernement.
Depuis mai 2007, Nicolas Sarkozy est devenu président de notre pays. Il avait promis la rupture, le changement. Il a promis au Français de tout réformer, que tout fonctionne à merveille et ce sans aucun problème. Qu’en est-il 6 mois après ?

- une augmentation de 15 Mds de la dette publique avec en perspective une hausse des impôts.
- Une réforme de l’université qui devait être la « montagne » des réformes et qui a accouché d’une souris. On est bien loin de la remise sur les rails de notre système universitaire et de recherche.
- Une réforme institutionnelle qui va renforcer le poids du président tout en ne faisant pas de l’Assemblée Nationale un véritable contrepoids démocratique et représentatif.
- Une relance du pouvoir d’achat qui se limite aux heures sup, c'est-à-dire accessible aux seules personnes travaillant dans les entreprises pouvant en proposer et ce pour un cout de plus de 5Mds d’euros pour l’état.
- Un couple Franco-allemand au plus mal grâce à la grande capacité de notre président à savoir jouer en équipe.
- Une réforme des régimes spéciaux qui n’est que reculade, puisque les conducteurs de train pourront toujours continuer à partir à 50 ans.
- Quid de la politique économique de l’offre : recul sur la tva sociale, pas de small business act pour les PME, une réforme fiscale des investissements dans la recherche qui va privilégier les grandes entreprises vis-à-vis des PME.
- « Le tout va très bien Madame la marquise » avec lequel, le gouvernement nous rabat les oreilles avec une persistance folle à calculer un budget sur une croissance de 2,5% qu’aucun économiste honnête n’ose avaliser.

J’en oublie sans doute. Bref, 6 mois de poudre aux yeux et une France qui va devenir la lanterne rouge de l’UE avec le risque, plus que prévisible, de repasser au dessus des 3% de déficit.

En aucun cas, je n’accepterai de cautionner un bilan si lamentable !!!

D’autant plus que ce président est en train, avec ces futurs échecs programmés, de braquer les Français contre la réforme, hypothéquant celle-ci dans le futur.

Si nous nous joignons allégrement et sans réfléchir à ce désastre annoncé alors nous offrons à la gauche son retour au pouvoir sur un plateau d’argent

Et ça, plus que tout, je m’y refuse.



Je soutiendrai donc une position de totale indépendance de notre mouvement pour le 1er tour des élections municipales en Savoie. Je veux préciser ici, que je suis ouvert à toute stratégie dans le cadre d’un second tour, celle-ci ne devant pas, pour autant, être dictée à l’avance. J’accepte le débat mais je souhaite qu’il soit fait dans la transparence et l’honnêteté. Je me plierai à la décision finale qui sera prise si, et seulement si elle est avalisée par un vote des militants.

Toute décision, prise unilatéralement par l’un ou l’autre des cadres de notre mouvement, sans accord préalable de sa base ne peut être cautionnée et je combattrai sans merci toute action allant en ce sens.



Cédric RICHARD
Section de la Motte Servolex
Adhérent UDF depuis 2004
Membre du Mouvement Démocrate

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