+ CR de Seignosse (sept 2007)

Compte-rendu du Forum des démocrates
à Seignosse (13-16 sept 2007)
(Fait par Noël Communod)

2500 militants, dont plus de 85% de nouveaux adhérents, se sont pressés pour :
- des ateliers et des forums multiples la journée
- de grands débats-meeting le soir
- le discours de clôture de François Bayrou le dimanche

La délégation de Savoie était de 7 personnes.

700 contributions avaient été envoyées au préalable. Sept départements ont été cités pour la qualité de leurs contributions (la Savoie en tête !)

Des forums : (Grenelle de l’environnement – Europe – Social-économie -- Démocratie, pouvoirs et contre-pouvoirs)

Des ateliers thématiques : (entreprises, Université, Justie, logement, culture, vieillissement, internet et politique, education territoires ruraux, innovation )

Des ateliers permanents : (construire le MODEM, action eco municipale, mkt de campagne, clés de succès d’une campagne, équipe projet, être maire en 2008)

Objectif de Seignosse: rassembler, au sein d’une formation politique nouvelle, libre et indépendante, celles et ceux qui se sont reconnus dans le message de François Bayrou lors de l’élection présidentielle.


1. L’esprit de Seignosse

Il est difficile de décrire une ambiance d’une réunion hors normes, un immense souffle, des discussions multiples dans tous les coins des VVF.

De ce Forum des Démocrates et de ses débats, menés dans des salles pleines à craquer, je retiendrai trois enseignements :
1 - D’abord l’extraordinaire diversité du "peuple" MoDem.
Ils viennent de partout, pas seulement géographiquement, mais aussi sociologiquement et politiquement. Femmes et hommes de droite ou de gauche, aux parcours politiques variés, écologistes, déçus du socialisme, centristes bien sûr et surtout tous ceux qui, refusant d’être étiquetés ou classés, s’engagent pour la première fois dans un mouvement politique. Et parmi eux, en grand nombre, des jeunes. A l’écoute de cette diversité, on a pu saisir des incompréhensions, sans doute, mais pas d’incompatibilités.
J’ai fait des rencontres avec des gens de tous horizons discutant avec respect et enthousiasme de projets dans tous les domaines de la société. Des jeunes engagés, des patrons de PME, des professions libérales, des salariés et des 55/65 en fin de carrière ou jeunes retraités qui ont encore 20-25 ans à consacrer à la société et qui sont disponibles.
Beaucoup ne sont pas là pour le « poste à prendre », mais pour militer, par engagement citoyen.
Ce qui réunit ces femmes et ces hommes, au-delà de leurs différences, c’est une même attente : trouver ou retrouver du goût à l’engagement politique, rompre avec les règles truquées de jeux politiques auxquels ils ne croient plus, s’avancer sur un nouveau chemin qu’ils veulent contribuer à tracer.
Aucun doute : la biodiversité régnera sur la planète MoDem et c’est une bonne nouvelle.
2 - Deuxième enseignement : l’exigence des adhérents, toutes origines confondues, à renouveler les comportements de la vie politique française et, pour commencer, à l’intérieur de leur propre mouvement. A Seignosse, on a beaucoup parlé de valeurs et d’éthique, comme socle indispensable à tout projet politique. Le Mouvement Démocrate s’appuiera, dès sa constitution, sur une charte éthique et des valeurs, qui indiqueront quelle est la nature de l’engagement de l’adhérent, du responsable, du candidat et de l’élu du mouvement par rapport à ceux qui lui ont fait confiance.
De façon très claire, les participants ont exprimé leur vision de leur mouvement : un parti de rassemblement et de débat, où la démocratie interne soit vraiment mise en actes, où l’initiative et l’expression militantes soient encouragées et respectées, où les responsables aient un devoir d’écoute, où les contre-pouvoirs existent et où enfin la transparence soit la règle, car elle est source de confiance et donc d’engagement.
Mais en même temps, un parti organisé et méthodique, cultivant les compétences de ses adhérents, s’appuyant sur des méthodes éprouvées d’organisation et sur des techniques modernes de communication. C’est bien un parti moderne et de son temps qui est attendu, un parti ouvert et libre, qui sache concilier valeurs, démocratie interne et efficacité. Chimère ? Vision utopique et idéalisée ? Pas si sûr. L’objet politique inédit que veulent construire les militants se distingue surtout de la ringardise de bien des formations politiques actuelles qui, entre le caporalisme des unes et le "basisme" systématique des autres, se débattent pour endiguer le courant qui les prive chaque jour d’un peu plus de crédibilité. "Soyez réalistes, demandez l’impossible" : c’est dans cet état d’esprit que se sont placés les participants de Seignosse.
Et si nous réussissons dans ce projet, nous démoderons à coup sûr un peu plus les formations politiques traditionnelles.
3 - Troisième enseignement enfin, le leadership incontesté de François Bayrou. C’est autour de lui que s’est cristallisée une espérance, celle de renouveler la vie politique de notre pays, en dépassant un perpétuel affrontement droite / gauche qui ne permet plus de résoudre les problèmes de notre temps. C’est autour de François Bayrou que s’est affirmée la volonté de revitaliser une démocratie française malade, de réenchanter la politique en rompant avec un système dominant verrouillé et malsain. En interrogeant les participants de Seignosse sur les raisons de leur présence, la réponse a souvent été la même : "C’est la sincérité de François Bayrou qui nous a touchés, son intégrité, son parler-vrai". Quand d’autres cherchent à se doter d’un leader ou à s’en débarrasser, le MoDem, lui, a le sien. Un leader qui conserve dans l’opinion publique française une côte de popularité élevée et dont le programme présidentiel reste d’une totale actualité.
Pendant quatre jours, sur la côte landaise, le pari de François Bayrou de faire se lever une génération politique nouvelle, de mobiliser des citoyens actifs au sein d’un mouvement politique moderne, d’ouvrir la voie à de nouveaux comportements politiques, ce pari-là s’est bien engagé et a pris corps. C’est tant mieux pour la démocratie, car celle-ci ne se décrète pas, pas plus qu’elle ne s’impose par la seule vertu de mécanismes qui lui seraient propres. A toutes les conditions historiques, politiques, économiques et sociales qui déterminent l’accomplissement de la démocratie s’en ajoute une autre, essentielle : l’existence de démocrates. Elle a besoin de femmes et d’hommes qui, la vivant en eux, contribuent à la faire vivre pour tous. C’est l’ambition du Mouvement Démocrate.

2. Les messages de François Bayrou

FB a délivré de nombreux messages au cours de 4 interventions. (voir tous ses discours sur internet)
- Parler de Centre, c’est se définir par rapport à droite-gauche ; on remplace le mot Centre par celui de « démocrate » et l’on se positionne ainsi dans la perspective d’un grand mouvement démocrate qui est en train de se constituer dans un grand nombre de pays : « l’Internationale démocrate ».
- On pourra dire : « je suis démocrate » comme on dit « je suis socialiste » ou conservateur.
- Le MODEM est un outil de « résistance » ; il ne sera plus un « supplétif » de la droite. Il est indépendant.

FB a dit avec fermeté : « La seule chose non négociable, c’est qu’une fois pour toutes nous sommes indépendants. J’ai acquis la conviction au bout de trente ans de militantisme et de responsabilités dans cette famille politique qu’être dans une alliance automatique, c’est perdre son identité. Par peur électorale, pour ne pas avoir de concurrence dans nos mairies, dans nos cantons et dans nos circonscriptions, nous sommes entrés dans une mécanique mortelle. »

Il a confirmé , sans rien renier des valeurs du centre dont il fut porteur, que, si nous voulions développer un grand parti démocrate qui devienne l’alternative crédible au parti conservateur, il ne fallait pas continuer dans le mécanisme d’alliances avec ce même parti conservateur pour quelques strapontins.


3. La construction du MODEM

- 45.000 adhérents + 15.000 UDF
- Objectif, passer de 45.000 à 100.000 adhérents en 18 mois
- Une charte éthique )
- Une charte des valeurs ) élaborés démocratiquement
- Des statuts )

Il est ressorti des débats et ateliers une volonté extrêmement forte et assez unanime d’organiser le MODEM selon les mêmes principes démocratiques que ceux que nous prônons pour l’extérieur (principe écrit dans la charte des valeurs) , soit :
- élection des responsables à tous niveaux par les militants
- transparence des décisions et des finances
- désignation par les militants des candidats aux élections avec une instance d’arbitrage (œil)
- pas de courants ni de fédération des anciens partis (FB engage sa responsabilité sur ce point) : donc pas de maintien de l’UDF à côté du MODEM.
- Congrès fondateur les 25/26 novembre
- En attendant, devant l’impatience manifestée par les militants et l’approche des élections, possibilité d’élire des directions locales provisoires, avec ou sans structure formelle. Les élections pour les structures départementales nouvelles auront lieu juste après le Congrès du 25 novembre.

Elections 2008 :

Pour les municipales, François Bayrou a confirmé que « les démocrates », comme il souhaite qu’on s’appelle désormais, noueront des alliances au cas par cas « avec tous ceux qui acceptent le pluralisme et les majorités de rassemblement qui dépassent les frontières de leur camp », l’objectif étant, « le plus souvent possible », la constitution de listes indépendantes au premier tour.

- Un maximum de listes autonomes
- Pas d’alliance permanente ni automatique : (fin de l’UPS par exemple en Savoie)
- Ne pas apparaître comme une force d’appoint, ni avec la droite, ni avec la gauche (alliance-rassemblement sur programme )
- Investitures : attention au seul vote des militants ; il faut un aller-retour avec le national (c’est qui aujourd’hui ?) et « un œil » départemental ou régional. Cette position de FB est en contradiction avec ce que les militants réclamaient pendant les journées de Seignosse : la désignation par la démocratie interne (s’il y a des élus inquiets dans la Drôme, fais ton boulot, rassure-les – à Th.Cornillet)

Des ateliers pour l’organisation des campagnes municipales ont aussi eu lieu à Seignosse (JJ Mollie a ramené les supports et peut les mettre à disposition de ceux qui le souhaitent)


4. Débat du samedi soir

L’objet du débat était la construction du Mouvement démocrate.

- Au cours de ce débat, 3 voix se sont élevées pour contrer la stratégie proposée par FB : Didier Bariani, Thierry Benoit et Thierry Cornillet ; ils demandaient le maintien de l’UDF pour quelques temps encore, pour permettre une alliance avec la droite. Ils ont été sifflés par la salle.
- FB leur a opposé une fin de non recevoir et a été applaudi très fortement par les 2500 militants présents.
- En fait, leur objectif serait de maintenir l’UDF pour garder la maîtrise de l’association de financement (5 M€), faire réélire les élus UDF grâce à l’UMP, et accessoirement « virer » FB au prochain congrès UDF !
- FB n’aurait plus que les militants MODEM et leurs cotisations déjà dépensées pour une bonne part.
…… sordide !
C’est précisément contre ce type de manœuvres politiciennes que la plupart des militants ont adhéré au MODEM.
Des réunions organisées uniquement entre des UDF ont eu lieu à Seignosse en marge du forum !

5. Discours de clôture

Il est disponible dans son intégralité sur différents sites, dont celui du MODEM

FB a réaffirmé toute sa stratégie d’indépendance et pour une authentique démocratie.

Il a critiqué l’absolutisme présidentiel et l’argent-roi comme principe de gouvernance.

Il a plaidé pour une France « non-alignée »

Il a pris des positions assez franchement d’opposition du mouvement démocrate face au parti conservateur ; ces propositions sont de nature à attirer les sociaux-démocrates et à constituer une nouvelle alternative au pouvoir en place ; il a été fortement applaudi dans cette stratégie par une salle surchauffée.


Il a affirmé ses différences de valeurs avec les orientations de NS et du PS



« Nous n’avons pas les mêmes valeurs »
La ministre de l’économie l’a dit, naïvement peut-être, sans nuances. Elle a dit : le but du gouvernement, c’est de « réhabiliter l’argent, corollaire du succès… ».

« Je pensais qu’il y avait bien des choses à réhabiliter en France : l’effort, l’esprit critique, l’idée de justice, l’esprit démocratique, la séparation des pouvoirs, le respect des citoyens, l’amour de la liberté, mais j’avoue qu’il ne m’était pas venu à l’esprit que le but d’un gouvernement de mon pays pût être de réhabiliter l’argent.

J’avais même l’impression qu’il se réhabilite bien tout seul, dans la société où nous vivons ! »


Bravo, et Merci, grand Merci, à l'homme qui sait trouver les mots pour dire tout haut ce que la conscience profonde d'un peuple pense tout bas.

Il ne suffit pas de dire « Humanisme, humanisme », il faut y mettre un contenu.
L’humanisme peut devenir majoritaire en France pour peut qu’on sache fédérer tous ceux qui ont ces valeurs-là !

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