Or, c’est le bon « calage » de notre ligne politique qui doit déterminer notre stratégie électorale et non l’inverse. La tactique électorale pour obtenir « un maximum d’élus » ne saurait en aucun cas tenir lieu de ligne politique.
A. Pourquoi créer un mouvement démocrate en France ?
Premier constat : François Bayrou a constaté et expérimenté la notion de Centre dans toutes ses contorsions depuis plus de 20 ans : le Centre n’est pas viable.
- d’abord parce qu’il se positionne par rapport à la droite et à la gauche
ensuite :
- le centre droit ne peut exister qu’en tant que supplétif de la droite
- Le centre gauche en tant que supplétif de la gauche.
Jamais, ni l’un ni l’autre ne seront majoritaires.
Second constat : Beaucoup de démocraties modernes dans le monde sont organisées autour de deux pôles :
- Le pôle dit « conservateur » qui envisage une économie sans contraintes régulée par un Etat assez fort pour éviter les débordements.
- Le pôle dit « démocrate » qui envisage une économie libérale régulée par un Etat minimum et qui s’appuie sur le pari de la responsabilité des personnes.
- Et aux extrémités, une gauche révolutionnaire ou utopique et une extrême droite, l’une et l’autre très minoritaires
L’objectif démocrate : Créer un mouvement démocrate en France, c’est l’objectif de pouvoir être majoritaire un jour, d’être l’alternance possible et crédible au parti conservateur, comme dans beaucoup de démocraties évoluées. Un mouvement démocrate couvrirait donc le champ des démocrates sociaux, démocrates chrétiens et sociaux-démocrates.
La philosophie d’un mouvement démocrate a été déclinée par François Bayrou :
- Faire confiance à la responsabilité et à l’intelligence des citoyens pour faire vivre une vraie démocratie.
- Réduire le rôle de l’Etat omniprésent, renforcé au fil des ans par l’idéologie socialiste ou sécuritaire de droite.
- Reconnaître plus largement l’autonomie de l’individu et des collectivités locales ou groupements que les individus constituent entre eux.
- Garantir plus largement les libertés individuelles.
Plus une société est évoluée, plus elle évolue vers un tel schéma (Etats-Unis, Australie, Japon, beaucoup de pays européens…).
Vouloir réduire le mouvement démocrate au centre droit n’aurait pas de sens et ce serait revenir aux éternels errements du centre ; ce serait se condamner à de petits accords électoraux pour obtenir des strapontins de la droite sans jamais pouvoir espérer devenir majoritaire.
L’espoir qu’a fait naître François Bayrou auprès de tous ces nouveaux adhérents du Modem, c’est la création d’un mouvement large, fondé sur les valeurs démocrates, qui doit devenir majoritaire un jour ; il faut maintenant l’expliquer et pour cela, il faut le faire exister. Refaire des alliances avec le parti conservateur, c’est nier le mouvement démocrate.
Le mouvement démocrate ne peut exister et devenir majoritaire que s’il intègre tous ceux qui portent des valeurs humanistes, sociales et libérales (au sens de la liberté de la personne humaine, de la collectivité locale et de l’entreprise).
Cela signifie clairement qu’il n’existera vraiment que si les sociaux démocrates le rejoignent. Cela doit guider notre stratégie électorale.
B.Mouvement Démocrate : Quelle est notre ligne politique ?
La ligne politique sur laquelle se sont retrouvés les adhérents du MODEM et ceux de l’UDF qui ne sont pas partis à l’UMP ou au Nouveau Centre, c’est le projet d’espoir et le chemin tracé par François Bayrou. C’est sur ces idées-là que s’est construit le projet politique d’un nouveau parti : le Mouvement Démocrate.
Il faut le répéter : Créer le Mouvement Démocrate, c’est clairement vouloir devenir majoritaire un jour, face au parti conservateur et à la gauche radicale.
Sur le rôle et la place d’une troisième voie démocrate, en France, en Europe et dans le monde, laissons François Bayrou s’exprimer :Nous sommes une force naissante. Au début de sa vie, le baobab est plus petit qu’un fraisier. Notre société du XXI° siècle devra affronter l’intégrisme et l’inégalité croissante contre lesquelles nous devront entrer en résistance. Elle devra également choisir entre AVOIR et ETRE.
Ce type d’horizon politique, ajouté à la charte des valeurs et d’éthique ainsi que l’ensemble des propositions pour rétablir la démocratie constituent une ligne de conduite politique. L’objectif du Mouvement démocrate est donc de redonner vie à la démocratie de notre pays, à l’unisson des autres mouvements démocrates dans le Monde.
Il doit de ce fait, rester un parti indépendant.
C.Le débat sur le nom du MoDem
"Et nous porterons un seul nom. Et c'est un grand nom. Le Mouvement Démocrate" (François Bayrou à Seignosse.)
François Bayrou a souhaité le nom de Mouvement démocrate, si fort de sens et de connexions internationales. A Seignosse, il a exclu l’idée de garder le nom d’UDF, trop connoté de centrisme avec tout ce que cela a de négatif. Il a été applaudi à tout rompre à cette proposition. Pourtant, un certain nombre d’élus UDF, non sans arrière-pensées, veulent le maintien du sigle UDF. Ils ont été hués à Seignosse.
a. Soit nous devenons l'UDF-Mouvement Démocrate, alors les électeurs de gauche nous soupçonneront toujours d'être encore à droite et les électeurs de droite s'imagineront que l'UDF penche maintenant à gauche, donc ce sera un échec cuisant. De toutes façon, ce nom est pour l’instant sans base juridique, aucun statut ou association ne lui correspond.
b. Soit l'UDF et le Mouvement Démocrate deviennent deux partis indépendants, donc avec beaucoup de listes indépendantes pour les municipales et là autant vous dire que non seulement nous diviserons notre électorat de base par deux, soit déjà plus grand chose, mais en plus il y aura une nette perte de confiance en l'UDF compte tenu de ces atermoiements. Ce sera également un échec cuisant pour les deux.
c. Soit nous devenons le Mouvement Démocrate unitaire et nous aurons à travailler rapidement sur notre communication, en même temps que sur nos projets municipaux, pour expliquer la ligne politique du MoDem. Nous savons tous que nous avons un potentiel énorme, autant en profiter rapidement. Si l’on veut créer un véritable mouvement démocrate, destiné à prendre un jour la place du parti conservateur, il n’y a qu’un choix possible : MoDem
D. Il n’y aura pas de Mouvement démocrate sans démocratie interne
Le mot de « Démocrate » ne doit être ni une marque, ni un slogan, ni un attrape-nigaud pour électeurs ; il est un mot à haute valeur ajoutée qui renvoie aux chartes d’éthique et des valeurs du mouvement. Il a fait naître beaucoup d’espoirs auprès de 50.000 personnes qui ont pris leur carte.
Un sondage interne auprès des adhérents Modem fait apparaître deux priorités : La démocratie interne et le travail de terrain.
Seignosse a été l’illustration d’une forte volonté des militants qui veulent discuter, échanger, travailler à l’élaboration d’une ligne politique, celle que François Bayrou a tracée et concrétisée dans la volonté de créer un parti démocrate. Ils ne cherchent pas, pour la plupart, à être élus à tout prix ; c’est une différence essentielle avec l’UDF qui était notoirement un parti de notables.
Que veulent les adhérents du Modem ?
- Une véritable démocratie interne au Mouvement
- Etre consultés sur les projets de statuts (nationaux et locaux)
- Elire démocratiquement leurs instances nationales et locales.
- La transparence financière.
- Pouvoir voter sur les projets de stratégie électorale.
- L’organisation de primaires pour les investitures (nationales et locales)
Ils veulent aussi une organisation efficace et réaliste qui prenne en compte ces exigences démocratiques.
Une autre caractéristique de la démocratie interne doit être naturellement celle du Bottom up (du bas vers le haut), venant remplacer le Top down traditionnellement pratiqué dans les partis politiques français. A ce titre et aux dires de ceux qui l’entourent, François Bayrou aura besoin de s’amender sur ce point. Peut-être qu’à terme, il ne faudra plus que le MoDem se confonde avec son fondateur car une trop grande personnalisation freinera le rassemblement nécessaire de tous les démocrates.
J'invite donc tous les adhérents du Modem qui ont sincèrement cru aux idées de François Bayrou à ne pas attendre en spectateurs ou derrière leur écran de PC que les évènements se déroulent ainsi; il y a un terrain ou nous pouvons agir, c'est au niveau local, départemental et régional. Constituons le Modem hors des arguties de ceux qui veulent garder leur poste et présentons des listes Modem aux élections locales, c'est là que nous aurons un début d’existence et de crédibilité.
Noël Communod





